Le tchoum des nomades-éleveurs de rennes Zyrianes

Les éleveurs de rennes nomades zyrianes, ont dû inventer un habitat suffisamment léger pour pouvoir être transporté sur des traîneaux tirés par des rennes en toutes saisons, mais surtout leur apportant suffisamment de confort pour pouvoir vivre et travailler tout au long de l'année, l'hiver avec les grands froids (parfois -50°C) et le printemps, l'été et l'automne avec les moustiques, les mouche, les pluies, le vent...

Le tchoum, tel le tipi, est un habitat de forme conique, son angle étant légèrement plus obtus que ce dernier. Cette forme permet une excellente résistance aux vents ainsi qu'une accumulation rapide de la chaleur grâce au poêle à bois ou anciennement au feu centrale. Une grande différence avec le tipi est qu'il n'y a pas dans le tchoum de double paroi et que la toile recouvre les perches jusqu’au sol. Il existe une multitude de variantes de tchoum, autant qu'il existe de peuplades nomades-éleveurs de rennes, Nenets, Yakouts, Mansis, Samis...

Je souhaite vous présenter dans cet article, le tchoum d'une famille Zyrianes de Saranpaul, situé au Nord-ouest de la Sibérie, avec qui j'ai eu la chance de pouvoir aider et assister au montage. Les Zyrianes sont de même racines que les Komis, à la différence de vivre de l'autre côté de la chaîne de l'Oural.
Dans un tchoum de cet taille, quatre familles vivent ensemble continuellement. À l'intérieur des murs sont constitués grâce à de simples draps, délimitent un espace "privé".
Le tchoum est constitué d'une cinquantaine de perches, faites en pin, écorcées et affinées à la base. Elles mesures environ 6,5 mètres et sont espacées au sol d'un demi mètre.
Traditionnellement le tchoum est recouvert en hiver par des peaux de rennes cousues entre elles et parfois même d'une couche supplémentaire de draps de laine bouillie sous les peaux. Actuellement encore cet tradition perdure, étant le moyen le plus efficace d'isoler le tchoum en hiver.
En été, le tchoum était traditionnellement recouvert d'écorces de bouleau, tradition qui en revanche ne perdure plus, puisque depuis des années déjà il est possible d'acquérir de la toile de coton, ou même de polycoton, bien plus légère et facile à coudre.
Le tchoum présenté sur les photos est recouvert d'une telle toile, faite de coton aux mailles serrées. La toile est cousue en deux parties en forme de quart de cercles, montées par des perches et fixées à la structure avec des cordes.
Au centre, un grand et long poêle en métal est posé sur des briques de terre. Tout autour un plancher est agencé. Pour certains nomades, le transport d'un planché était impossible, alors des rameaux de bouleau entrecroisées puis recouvert de peaux de rennes étaient utilisés. À l'opposé de l'entrée, un emplacement est réservé aux icônes, au fond du tchoum, les Zyrianes étant orthodoxes.
En toute saison, le haut du tchoum reste considérablement ouvert, tel un puits de lumière, seulement en cas de tempête ou de forte pluie, une cape supplémentaire peut-être ajustée.
En hiver, le pourtour du tchoum est recouvert de neige à hauteur du genoux pour pouvoir isoler du vent et du froid. Lorsque le poêle est en marche, il fait chaud et bon dans le tchoum, des perches suspendu permettent de faire sécher les affaires. La largeur et la longueur du poêle permet aisément de faire la cuisine et de poser beaucoup de casseroles y compris grandes. La nuit lorsque tout le monde dort et que le poêle n'est plus alimenté, la température peut descendre bien en dessous de zéro, ce qui n'est alors pas un problème puisque tout le monde est bien au chaud sur les peaux de rennes et sous d'épaisses couvertures, dormir au frais apparaît même plus agréable et plus salutable pour la santé.






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